2 FILMS DE JAFAR PANAHI

Ecrit le 16 octobre 2013

En résonnance avec Lettres d’Automne et la thématique « s’engager ? », l’association Eidos propose une soirée cinéma avec deux films du réalisateur Iranien Jafar Panahi. Vendredi 8 Novembre – Salle de conférence de l’Ancien collège 18h15  LE CERCLE Iran – 2001 – 1h29  Lyon d’or Festival de Venise 2000 Une femme chassée de chez elle par ses […]

VISUEL-PANAHI

En résonnance avec Lettres d’Automne et la thématique « s’engager ? », l’association Eidos propose une soirée cinéma avec deux films du réalisateur Iranien Jafar Panahi.

Vendredi 8 Novembre – Salle de conférence de l’Ancien collège

18h15  LE CERCLE

Iran – 2001 – 1h29  Lyon d’or Festival de Venise 2000

Le-Cercle-afficheUne femme chassée de chez elle par ses frères, une jeune fille sans papiers, trois prisonnières en liberté provisoire et une jeune mère contrainte au divorce se croisent dans les rues de Téhéran, surveillées et étouffées par un corset de traditions et une bureaucratie pesante. Les épreuves et les drames ne parviennent cependant pas à briser le courage et la force du cercle des femmes.

 

« Une splendide expérience de cinéma, où les partis pris formels renforcent le propos du metteur en scène. »  Télérama

Film courageux voire risqué dans le contexte politique et culturel de l’Iran, Le Cercle décrit sans artifices de mise en scène ou situations appuyées la condition effrayante d’enfermement mental que subissent les femmes. Les interprètes, pour la plupart des non professionnelles, sont poignantes, noyées et broyées dans Téhéran, ville inhumaine qui ne leur est pas un refuge mais une prison. Jafar Panahi joue à merveille de deux angles d’approche complémentaires : d’une part une vision documentaire engagée sur la condition féminine en Iran, et d’autre part un suspense psychologique dans la droite ligne des plus sombres films policiers.

 

21h15 CECI N’EST PAS UN FILM

Iran – 2011 – 1h15

cecinestpasunfilm-affiche

Depuis des mois, Jafar Panahi attend le verdict de la cour d’appel. A travers la représentation d’une journée dans la vie de Jafar Panahi, Jafar et un autre cinéaste iranien, Mojtaba Mirtahmasb, nous proposent un aperçu de la situation actuelle du cinéma iranien.

 

(…) Jafar Panahi, 51 ans, et cinq longs métrages à son actif depuis 1995 (dont ces chefs-d’oeuvre que sont Le Cercle, 2001, et Sang et or, 2004), est avec Abbas Kiarostami l’un des plus grands cinéastes vivants, et le fer de lance de ce « néoréalisme » persan qui fait trembler depuis quelques décennies le cinéma et le pouvoir iraniens sur leur base. Fils d’un peintre en bâtiment, cet enfant de Téhéran est de loin le cinéaste iranien le plus engagé dans la dénonciation des maux de son pays, ce qui a lui a récemment valu un brutal retour de volée.

Arrêté à son domicile le 1er mars 2010, il est accusé de « propagande contre le régime », pour avoir préparé un film sur le mouvement de protestation consécutif à la réélection du président Ahmadinejad en juin 2009. Libéré sous caution le 25 mai 2010, son procès a lieu quelques mois plus tard, et le verdict tombe à la fin du mois de décembre : six années de prison, assorties d’une interdiction pour une durée de vingt ans de tourner des films, de sortir du territoire et de donner le moindre entretien aux médias. La sentence est ubuesque, et ferait sourire si elle ne donnait lieu à la mise à mort symbolique de l’artiste.

Depuis lors, Panahi a fait appel, vit à Téhéran sans pouvoir travailler et demeure dans l’incertitude de son sort. On en était encore là en mai 2011, lorsqu’un nouveau film du cinéaste fut annoncé au Festival de Cannes. Certains chroniqueurs bien renseignés prétendent que le film a franchi les frontières sous la forme de clé USB cachée dans un gâteau. Ce film, tout le monde a pu le découvrir en salles et mesurer son courage, son insolence, sa dignité. Ce n’est évidemment pas un péplum, plutôt une lettre filmée, adressée en désespoir de cause, mais avec un humour ravageur, au vaste monde. Panahi, reclus entre les murs de son appartement, fait de sa situation le sujet même de son film : que reste-t-il à un cinéaste qui n’a plus le droit de filmer et qui attend qu’on le jette incessamment en prison ? (…)

J. Mandelbaum, Le monde (09/2011)

En 2012,  le Prix Sakharov (ou Prix Sakharov pour la liberté de penser) est remis à Jafar Panahi par l’intermédiaire de sa fille, Parmiz Panahi, par le parlement européen.

 

INFOS PRATIQUES

Ancien Collège – 2 rue du Collège – Montauban

Plein tarifs : 6€ / Tarif réduit (adhérents Eidos, Confluences) : 4€ / Tarif minima (bénéficiaires de minima sociaux) : 2€

Renseignements : Association Eidos 05 63 63 44 74